Dix ans d'études scientifiques dans Trésor
Derk de Groot
Déjà lors de l'acquisition du terrain, il était évident qu'il faudrait faire des études sur la flore et la faune de la région. L'Université d'Utrecht ne se serait porté garante sans plus du financement de l'achat. La faculté de Biologie comme l'Herbier étaient et sont vivement intéressés par la végétation tropicale en Amérique du Sud. Pour les corps universitaires et pour les étudiants une telle forêt tropicale humide est un sujet d'étude très intéressant.
Pourquoi, au juste, les études sont-elles importantes?
 Ce n'est qu'après avoir obtenu le statut de réserve naturelle que la chasse peut être interdite effectivement | | photo Hans Pfeiffer |
D'une part la curiosité scientifique incite les chercheurs à explorer l'inconnu et d'autre part c'est d'une grande importance pour notre fondation de savoir quelles espèces de plantes et d'animaux se trouvent dans la réserve et comment se comportent les relations écologiques. Ce n'est qu'en les connaissant qu'on peut en tenir compte dans la gestion du terrain. Aussi pour le prestige de la réserve de bonnes connaissances du site, de la flore et de la faune sont utiles. Les soupçons que la réserve Trésor jouit d' une haute diversité biologique, semblent s'avérer justifiés. Cela augmente le prestige de la réserve et renforce notre position de négocier dans le monde de la protection de la nature et en dehors. Il est plus facile d'atteindre une bonne protection légale et un accès à de l'aide financière à mesure que la région en question abrite une diversité biologique plus ample et qu'il y ait plus d'espèces de plantes et d'animaux rares.
Pour le placement de Trésor en Réserve Naturelle Volontaire, l'information qui était alors disponible, a joué un rôle important.
Qu'a-t-on étudié?
 George Cremers, à l'époque con- servateur de l'Herbier de la Guyane française | | photo Foto Natura |
En 1996 un premier inventaire floristique a été réalisé sur la Réserve Trésor par l'Herbier d'Utrecht, en collaboration avec l'Herbier de Cayenne, la capitale de la Guyane française. A l'occasion 335 espèces, surtout florifères et fructifères, furent identifiées. On constata aussi que dans le cours du temps il y avait eu des altérations sur le site.
Quelques années plus tard, en 2000, on réalisa un inventaire de la composition floristique et de la structure de la végétation. Les trois objectifs étant: cartographier les différents types de végétation depuis le sommet du mont Trésor jusqu'aux bords de l'Orapu, établir plus précisément le degré d'altération dans les différentes parties de la Réserve et contribuer à la description de la diversité botanique de la réserve. A l'époque on distingua, depuis le point le plus élevé jusqu'au point le plus bas, 7 types de végétation. Heureusement il s'avéra que seulement deux des sept types de végétation avaient subi une certaine altération et en partie d'origine naturelle. En total 261 spécimens furent ajoutés à la liste d'espèces de plantes, qui s'éleva ainsi à 616 spécimens. Parmi eux il y avait un certain nombre d'espèces rares et présentes seulement dans ce site, ce qui fait la région exceptionnelle.
En août de la même année on effectua un inventaire botanique du sentier botanique qu'on venait d' aménager. Ce nouveau inventaire ajouta encore des noms nouveaux a la liste d'espèces, atteignant un total de 703 plantes mises en évidence sur la réserve.
 Bas van de Riet sous l'abri en train de trier les plantes récoltées |
 Les herbes des savanes près de l'Orapu sont si hautes qu'on peut à peine voir au-dessus |
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photos Renske Ek |
En 2001 on a prêté une attention spéciale aux palmiers présents. Jean Jacques de Granville en a dressé une longue liste.
En 2003 on a mené des recherches botaniques dans les savanes marécageuses. Parce que c'est un type de végétation tout à fait différent de la forêt tropicale de type haute on aperçut de nouveau beaucoup d'espèces pour la première fois. En la même année on a aussi inventorié un champ d'expérimentation permanent de forêt tropicale de type haute et à l'occasion furent recensées 164 espèces d'arbres. Les deux recherches portèrent le total des espèces mises en évidence à 934.
La dernière étude floristique, un peu plus ample, date de 2004. Alors toute l'attention fut dirigée vers les vallons abrupts des criques dont il y en a un certain nombre dans la Réserve. Lors de cette
étude on découvrit un petit marais avec une partie d'eau ouverte. On l'appela Zwani Swamp, comme Zwani Pelt, parce que c'était avec son legs que le projet d'étude fut financé. Avec toutes les nouvelles plantes recensées pendant cette investigation, le total vint à 1060 espèces.
Selon les prévisions on est encore loin d'atteindre le fin. Le graphique suivant montre qu'avec chaque recherche le nombre de plantes identifiées augmente encore considérablement. En s'approchant à la limite du total des espèces présentes, la ligne finira par s'infléchir vers une ligne horizontale. Mais à
 Augmentation du nombre d'espèces de plantes à la suite des différents inventaires botaniques. |
quel niveau serons-nous alors?
Des études futures le diront.
Lors de toutes les études botaniques des relevés botaniques sont effectués, dans la plupart des cas en quatre. Des feuilles, des types d'inflorescence, des fruits, des graines et parfois des bouts d'écorce de chaque plante sont herborisés et emportés au campement pour être séchés dans une presse de plantes ou dans un petit four. Les Herbiers d'Utrecht, Cayenne et Paris généralement reçoivent chacun une partie. Les espèces déjà décrites peuvent être dénommées ainsi avec certitude, tandis qu'on peut constater en même temps que les nouvelles espèces doivent encore être décrites et dénommées.
Dans le domaine de la faune on a fait aussi des études. Ici les chercheurs sont souvent spécialisés en certains groupes d'animaux, comme les mammifères, les oiseaux, les araignées et les amphibies.
Déjà en 1996 une liste préliminaire a été rédigée pour Trésor des amphibies et des reptiles, tandis que Joep Moonen dans les années 1981 à 1996, a répertorié toutes ses observations d'animaux. En 2002 Olivier Tostain, notre conservateur actuel, a rédigé un aperçu des oiseaux observés par lui, et pendant cette année une liste combinée des oiseaux observés a aussi été composée. Entre-temps des spécialistes internationaux dans le domaine des araignées, des grenouilles, des fourmis, des papillons et d'autres espèces d'animaux visitent régulièrement Trésor. Enfin il y a les observations plus ou moins fortuites de traces de tapir (1997), d'un gymnote (1999), d'une colonie de termites en se déplaçant (2001), d' un chien des bois (2003) et d'autres animaux.
Entre-temps il y a de longues listes d'animaux observés.Et en attendant, ces listes ne cessent de s'allonger. Vous les trouverez sur notre site www.tresorrainforest.org.
Organisation et financement
Pour réaliser des études scientifiques une préparation et organisation solides sont indispensables, d'autant plus qu'on doit travailler dans des régions éloignées et sous des conditions primitives. Cela signifie souvent camper dans la forêt vierge, le plus souvent dormir dans des hamacs sous un toit de toile ou de palmes. Des moustiques, des sangsues, des tiques et d'autres insectes mordants savent le plus souvent pénétrer jusqu'à la peau. Il faut se méfier de serpents, d'araignées venimeuses, de scorpions et de scolopendres. Pourtant la plupart des chercheurs aime revenir à leur site de recherche. Puisque chaque étude soulève de nouvelles questions.
Malgré les gîtes simples des chercheurs, l'étude requiert les moyens financiers nécessaires. Les chercheurs individuels viennent des fois aux dépens de leur propre institut ou institution. Pour les projets d'étude plus amples on établit un budget et sur cette base on cherche du financement. Heureusement l'Université d'Utrecht, l'Herbier National d' Utrecht, la Fondation Alberta Mennega, le Fonds Miquel et le Fonds Van Eeden ont donné leur appui financier dans les premières années. Dans ce contexte c'est surtout le Fonds Zwani Spelt, sous gestion du WWF, qui est énormément important dans ces dernières années. Ce fonds a financé entièrement les deux grandes recherches botaniques floristiques dans les savanes marécageuses et dans la zone des ravins.
L'avenir
Dans les années à venir il y aura encore beaucoup d'études, des fois à l'initiative de spécialistes et d'institutions de recherche et d'autres fois sur demande de la Fondation ou de " l'Association " Trésor.
Dans ce cadre on regardera aussi dans une mesure de plus en plus large les études comparables dans les pays voisins. Depuis une longue période il existe déjà une collaboration avec un groupe international de botanistes dans le but de composer une flore pour la région : La Flore des Guyanes.
Liste de rapports de recherche
- Liste préliminaire de l'herpetofaune du domaine Trésor, C. Marty et P. Gautier,1996
- Inventaire de la flore sur le sentier botanique de la Réserve Naturelle Volontaire Trésor, O. Poncy, C.Martin, 2000.
- Liste synthétique des Oiseaux de Trésor, basée sur les observations de T. Deville, L. Andy, A. Menseau, S. Lochon, GEPOG, 2002.
- The floristic composition and vegetation structure of the Trésor Réserve, French Guiana, R.C. Ek e.a., 2000 (La composition floristique et la structure végétale de la Réserve Trésor, Guyane française, R.C. Ek et autres, 2000).
- Report of the establishment of a permanent one-hectare plot in Réserve Naturelle Volontaire Trésor, H. ter Steege e.a., 2003. (Rapport de l'établissement permanent d'un terrain d'un hectare dans la Réserve Naturelle Volontaire Trésor, H. ter Steege et autres, 2003).
- The savannas of the Trésor Reserve, French Guiana, R.C. Ek e.a., 2003. (Les savanes de la Réserve Trésor, Guyane française, R.C. Ek et autres, 2003).
- The gullies of the Trésor Réserve, French Guiana, R.C. Ek e.a., 2004. (Les criques de la Réserve Trésor, Guyane française, R.C. Ek et autres, 2004).
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