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Fondation Trésor Utrecht

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numéro 20, décembre 2006

Inhoud

Centrolenella oyampiensis
photo Foto Natura


inhoudsopgave Une semaine à travers Trésor

A la recherche de nouvelles plantes

Par Renske Ek, Marion Jansen-Jacobs en Roel Vonk

Jusqu'à présent toutes les recherches botaniques sur Trésor ont été effectuées pendant la période de février à mars, la première saison sèche en Guyane française. Cette année-ci la Fondation Trésor avait demandé d'examiner si l'on pourrait trouver pendant une autre période de l'an, d'autres plantes en fleurs ou aux fruits. La deuxième période sèche, d'août à novembre, serait la plus appropriée à ce fin. Les plantes ont été collectionnées par Renske Ek et par Marion Jansen-Jacobs de l'Herbier d'Utrecht, avec l'aide de Roel Vonk des Jardins Botaniques d'Utrecht et de notre garde-animateur de Trésor, Kévin Pineau.


Roel Vonk en train d'installer les hamacs.
photo Renske Ek
Cette année encore, le fonds Zwani Spelt, en liaison avec le WWF, a mis des fonds à disposition pour faire des études supplémentaires de la biodiversité et de la richesse botanique de la Réserve Trésor. En accord avec la Fondation, on a décidé de collectionner cette fois-ci pendant une autre période de l'année en parcourant brièvement tous les endroits connus de la réserve.
Malheureusement, cette année-ci on ne pouvait pas utiliser le carbet à cause de l'incendie! A l'origine, nous avions l'intention de construire un petit campement près de la crique Favard, dans une partie centrale de la réserve. Or, une semaine avant notre départ à la Guyane française, nous reçûmes un email de Kévin Pineau qu'il faisait très sec dans la région et que le niveau d'eau de la crique était trop bas pour y bivouaquer.
Après quelques délibérations, nous décidâmes de séjourner près de Patawa, à un quart d'heure de voiture, où l'on peut passer la nuit dans ses propres hamacs. L'endroit est connu chez ceux qui ont participé à un voyage de donateurs. Toute une semaine, Jeannot et Odette de Patawa nous ont accueillis chaleureusement. Et quel luxe: pendant la période de travail sur le terrain, chaque matin un petit déjeuner français et le soir un repas chaud préparé expressément pour nous! Nous avons mangé très bien tous les soirs et deux fois il y avait même de la glace pour dessert.
Un à-côté agréable étant qu'il y avait de l'électricité, et qu'on pouvait donc travailler plus longtemps, choisir des photos sur place et recharger les piles des caméras. Il y avait aussi beaucoup de place pour y mettre les plantes, les sécher et les contrôler.


Elaboration, introduction et délibération pendant la visite d'Olivier Fortune.
De gauche à droite, Renske, Roel, Olivier et Kévin.
Travail sur le terrain, les plantes sont collectionnées, mises entre des journaux et photographiées.
photo: Roel Vonk photo: Marion Jansen-Jacobs


Sentier principal de la Savane 1,
septembre – octobre 2006

Avec Hiltje Maas et Bas van de Riet,
février – mars 2003
Pratiquement, cela revenait à que nous partions tous les matins à Trésor dans la voiture empruntée à Olivier Tostain et là on commençait à collectionner à pied. Cela veut dire que nous avons parcouru pas mal de kilomètres, la randonnée la plus longue à travers les savanes étant de neuf heures de marche.
Le sentier principal de la réserve, le sentier menant aux savanes, le sentier longeant la crique Favard, une partie du sentier le long d'une crique profonde, vers le Zwani Zwamp, le long du chemin de Trésor: tous les différents types de végétation de Trésor ont été visités.

Qu'elle était sèche la forêt! Lors de la période sèche de février – mars il pleuvait encore au moins une fois par jour. Et cela faisait maintenant trois semaines qu'il n'avait pas plu du tout et pendant notre séjour il n'est tombée qu'une seule tout petite averse.
Surtout dans les savanes, la différence était étonnante. Les autres fois on allait - des fois jusqu'aux genoux – à travers les savanes mouillées. Maintenant les savanes étaient archi-sèches, et le sol lézardé.
Lors de notre visite actuelle la Clusea fockeana fleurissait en masse, toute la savane sentait doux. La savane même était un océan de capitules de Cyperaceae. Presque toutes les espèces d'Utricularia (utriculaire) avaient des capsules bien développées. Nous en avons trouvé heureusement plusieurs en fleurs.
Et nous avons trouvé une chose espérée: dans le Zwani Zwamp il n'y avait plus qu'une flasque d'eau. On y voyait quelle importance le marais a probablement pour les animaux de Trésor: il y avait à nouveau beaucoup de traces d'animaux (agouti et tapir) autour de cette petite mare unique !

Pendant les promenades à travers la région nous avons pu montré à Kévin quelques sentiers nouveaux pour lui et cette fois aussi, nous avons découvert du nouveau: entre la savane 2 et la crique Favard il y a une mare aux crapauds – un endroit rond et nu, en forme de bol, où très probablement les crapauds et autres amphibies viennent poser leurs œufs.


Clusia fockeana

Une nouvelle Utricularia!

Kévin au milieu de la nouvelle mare aux
crapauds.
photos Renske Ek
A l'arrivée de la saison des pluies, vers Noël, Kévin aura beaucoup à faire : il veut souvent visiter cette nouvelle mare et le Zwani Zwamp pour y observer les crapauds et les autres amphibies. On a fait aussi une liste des Utricularia trouvées jusqu'à présent et Kévin verra s'il pourra trouver de nouvelles espèces de ce genre au début de la saison des pluies.
Par la sècheresse de la forêt nous n'avons pas pu trouver beaucoup de plantes en fleurs et aux fruits à Trésor même, mais ce que nous avons pu collectionner est pour la plupart un ajout précieux à la documentation de Trésor, sous la forme de nouvelles espèces végétales, des espèces ayant trouvé maintenant une collection de référence, ou des espèces dont seulement des exemplaires aux fruits avaient été collectionnés et maintenant aussi en fleurs (ou vice-versa). Un bel exemple en est la déjà mentionnée Clusia fockeana, qu'on n'avait repérée jusqu'à présent qu'aux fruits.

En cours de route, le long de la crique Favard, Kévin et Renske se trouvèrent
subitement face à face avec un serpent de 2-3 mètres de long.
photo Kévin Pineau

Ensuite nous nous sommes tournés sur quelques terrains hors de Trésor, notamment les grottes de Kaw et la montagne derrière Patawa, le sommet le plus haut du massif de Kaw. Là nous avons trouvé sur l'écorce latéritique dure, un type de sol qui ne se trouve pratiquement pas à Trésor, un nombre de plantes très particulières. Peut-être que lors de l'extension future de Trésor ce type de sol puisse être ajouté. En tout nous sommes contents des résultats provisoires et Roel a pu emporter quelques graines et fruits intéressants pour les essayer dans les jardins botaniques. Qui sait? Vous y pourrez peut-être admirer d'ici peu, quelques plantes provenant de Trésor, une raison de plus d'aller visiter les Jardins Botaniques de l'Université d'Utrecht !



inhoudsopgave Interview avec Bert van den Wollenberg

"I have a dream..."

Par Aart de Lang

Bert, je le connais déjà depuis plus de dix ans. Dès le début de Trésor, il était engagé dans notre projet. C'était un homme de la première heure. Etait, je dis, parce qu'à la suite de toutes sortes de développements au sein du Département de Biologie de l'Université d'Utrecht, où Bert est employé, il fut obligé il y a peu, de mettre fin à ses activités pour Trésor. Mais Bert n'oubliera jamais Trésor, et lui, nous ne l'oublierons pas non plus. Nous lui sommes très reconnaissants de son dévouement extraordinaire, des années durant, et le Conseil d'Administration de la Fondation lui a fait ses adieux conformément.



Bert van den Wollenberg (deuxième de droite) fournissant des explications à des donateurs de Trésor
dans les serres des Jardins Botaniques.
photo W. Nieuman
Bert van den Wollenberg est un homme de science, un botaniste pour être précis. Et dans son bureau au Jardin Botanique d'Utrecht, on voit en effet des photos de plantes magnifiques et d'énormes cartes de l'Inde, couvertes de toutes sortes de petits drapeaux bleus indiquant le projet dont Bert est chargé maintenant.
Il a commencé sa carrière en tant que gestionnaire des collections du Jardin Botanique, plus tard il s'est engagé au projet Trésor, d'abord comme coordinateur. Ensuite il a mis son énergie dans l'organisation de l'administration des donateurs et de la rédaction définitive de Trésor Nieuws.
  • Je lui demande à Bert de me parler de ses souvenirs du début de Trésor.
"Je me rappelle encore très bien que Hans Pfeiffer, après une visite à Joep Moonen en Guyane française, a su nous rendre enthousiastes à l'idée d'acquérir un bout de forêt tropicale humide là-bas. Mais cela coûtait plus d'un million et demi de florins! L'Université ne disposait pas d'une telle somme. Dans ce temps-là, quelques autres parties, comme Biohorma, Gasunie et UNA, cherchaient un contenu pour l'idée "d'Entreprendre de Façon Sociale et Responsable". Biohorma était le premier à donner une somme de 50.000 florins. Et peu après suivaient UNA et Gasunie, chacun avec cent mille florins. C'était alors beaucoup d'argent. Mais à vrai dire, c'était trop pour le refuser et pas assez pour dire oui au projet. Et ensuite tout s'est accéléré. Dans un délai de moins de six mois, une fondation fut établie à l'initiative de l'Université d'Utrecht, dans laquelle étaient représentés l'Université d'une part et les Entreprises d'autre part. Et toi, Aart, tu réussis à convaincre Biohorma et Dr. Vogel de l'intérêt de rendre disponible une somme de pas moins d'un million et demi de florins, repartie sur une période de cinq ans. L'Université se porta garante de la somme manquante encore. Et toi, tu as mobilisé les droguistes et les pharmaciens de la Hollande à collaborer avec l'action "Sauvez la forêt tropicale humide", et aussi les personnes particulières pouvaient contribuer adoptant des mètres carrés de forêt tropicale humide. Or, ainsi s'est établie une forme unique de coopération tripartite : la science, les entreprises et l'amateur de la nature particulier, enthousiasmés par un projet ou rien ne disparaît dans les poches, où tous se mirent à l'œuvre bénévolement et sans salaire. Et c'est toujours cela l'attrait du projet."
  • Que signifie Trésor pour toi ?
"C'était un processus d'apprentissage extraordinaire. Je suis un scientifique, et soudain je devins coordinateur d'un projet international. Tout à coup, on était propriétaire d'une forêt tropicale humide, à 8000 Km de chez nous. Comment l'organiser, la gérer? Comment assurer les droits de propriété? Comment trouver à l'autre bout du monde des partenaires à qui on peut se fier? Qui sera notre homme in situ, notre gestionnaire? Que seront ses tâches? Tout cela nous l'avons conçu ensemble avec Vijko Lukkien. Sur les lieux nous avons consulté avec le consul des Pays Bas, M. Van Mierlo. Lui, il nous a appris beaucoup sur les circonstances en Guyane française.
Ce qui me plait tellement est que le projet soit concret. Un projet réussi commence par un rêve. Or, j'entends Martin Luther King s'écriant: 'I have a dream...'
D'abord il faut qu'on veuille vraiment quelque chose. Abstraction faite de la question si c'est financièrement réalisable à ce moment. Parce que nous n'avions absolument pas assez d'argent. En fait, ils nous restent encore quelques remboursements à faire. Nous n'avions pas d'argent, mais nous voulions atteindre quelque chose. Et nous acquîmes, simplement, avec un prêt hypothécaire, 24 millions de mètres carrés de forêt tropicale humide. Quand on l'a appris à Kew (le célèbre jardin botanique près de Londres), on en eut le souffle coupé. Ils ne pouvaient pas le croire. Et c'est cela qui me plait tellement de Trésor, qu'on fasse quelque chose, qu'on mette sur pied quelque chose que personne n'ose faire, qu'on intéresse les autres. Qu'on fasse comprendre: c'est donc possible! On devient alors un missionnaire. C'est pourquoi Trésor joue un rôle pilote, un exemple de ce qui peut être. Avec les personnes particulières, amateurs de la nature, avec les entreprises pouvant se profiler de la sorte et ayant la volonté de faire vraiment une assertion par conviction. Et aussi avec le soutien de la science. Cela frappe l'imagination. On n'a pas à l'expliquer. Les gens le soutiennent."
  • De quoi te souviens-tu avec plaisir ?
"De toutes les fois que le projet cherchait des grands sponsors pour rembourser les annuités hypothécaires, et c'étaient alors la Fondation Doen, WWF, Essent, et à ne pas oublier ces amateurs de la nature qui ont le cœur bien placé, qui venaient à la rescousse.
Je me souviens aussi du voyage que j'ai fait à la Guyane française avec notre président de l'époque Ed Nijpels, lorsque M. Nijpels visita le site pour la première fois.
Ce que je n'oublierai jamais non plus, ce sont les visites au site même. Si j'y allais sur le plan d'affaires, je me libérais toujours pour visiter la forêt. La vue de ces plantes te rend heureux. Pour un botaniste dans l'âme, cette richesse végétale, cette biodiversité, constituent une source d'inspiration.
Je pense que le pilier le plus important sur lequel Trésor repose, que ce sont les donateurs particuliers. Ce sont eux qui apportent annuellement des milliers d'euros nécessaires pour protéger et gérer le territoire et pour recevoir les visiteurs, les scientifiques et les étudiants, pour entretenir de bons contacts avec les organisations de protection de la nature locales et avec les autorités locales. Pour donner des animations dans les écoles locales et de leur fournir de bons matériels. De donner des présentations aux écoles locales et aux associations. A ce moment là, Trésor vit, et la société locale perçoit pourquoi nous faisons tout cela et ils sont fiers de leur forêt!"



inhoudsopgave

Des poissons à Trésor

Par Loek van der Klugt

Des poissons? Eh bien, oui. Les mâles mesurent environ 5 cm de long, du nez jusqu'à la naissance de la queue, et les femelles sont plus d'un centimètre plus petites. Il s'agit des soi-disant carpes à dents ovipares, du genre Rivulus.

Comme j'ai déjà mentionné dans mon article sur les dendrobatidés de Trésor, j'ai visité Trésor pour la première fois fin novembre 1995. Joep Moonen nous guidait, moi et mon ami des loisirs, avec qui je logeais dans Emerald Jungle Village, et nous descendions le sentier qui s'appelait alors le sentier principal. Il pleuvait et le sentier était très glissant. Joep nous prévint qu'après nous devrions remonter le sentier, ce qui pourrait être bien fatigant. Là il aurait raison! Mais à cause de la même pluie il lui paraissait probable que plus en bas, où l'eau coulait de la forêt à travers le sentier, on trouverait de petits poissons. (Photo 1).

Nous ne fumes pas déçus: des exemplaires plus grands on les trouvait dans une flaque profonde de peut-être 5 cm d'où l'eau coulait sur le sentier (sur la photo de droite à gauche), mais ce qui était plus surprenant encore, on trouvait aussi de petits poissons dans l'eau de la pluie, profonde de quelques centimètres, qui coulait au bord du sentier (sur la photo en haut à gauche). C'étaient tous des exemplaires d'environ 2 cm. Ce n'était pas difficile de les attraper: j'avais un petit filet d'aquarium que je posais à plat par terre et que je levais quand il y avait des poissons qui nageaient par-dessus. Pas l'ombre d'un doute: selon la nature des Rivulus, ils s'accrochaient tout de suite au-dessus de l'eau au plastique du sac dans lequel nous les avions mis. Les Rivulus sont de vrais sauteurs. Ils sont capables de bondir sur la terre humide d'une mare à l'autre. Ce comportement j'ai pu le constater de mes propres yeux quand Joep nous accompagnait plus tard à une grotte aux chauves-souris plus loin sur le côté gauche de la crête de Kaw. Il pleuvait à nouveau et soudain je vis un Rivulus sûrement adulte qui se déplaçait en sautant latéralement sur la couche de feuilles humides. Avant d'avoir l'appareil photo prêt, le petit poisson avait malheureusement disparu. Dans les environs je pus photographier un crabe terrestre qui surgit tout d'un coup de la couche de feuilles. (Photo 2).

Il n'était pas clair sans plus quelle espèce nous avions trouvé à Trésor et honnêtement, je ne le sais toujours pas. Il y a plusieurs espèces connues en Guyane française et en ce qui concerne la coloration, les poissons ne correspondaient pas tout à fait avec aucune illustration que je pouvais trouver des différentes espèces. Ce n'est pas tellement étrange, parce que dans l'aquarium les poissons arboraient toutes sortes de nuances de couleurs et de dessins. Les photos 3 et 4 montrent le même mâle aux couleurs d'intensités différentes, les photos 5 et 6 montrent respectivement un mâle et une femelle en parure normale.
Pour identifier les petits poissons à l'aide de photos, il faudrait disposer d'amples séries de photos de l'espèce, de tes propres poissons et de préférence de plusieurs exemplaires de l'espèce concernée et déterminée avec certitude!
Quand les poissons commençaient à montrer des signes de vieillesse, je les donnai à Wim Suyker qui a la réputation d'être plutôt une autorité au niveau amateur en ce qui concerne les Rivulus. Il ne parvint pas à les dénommer. Comme s'il devrait être ainsi, je rencontrai Wim sur le marché de Cacao, que nous visitions le dernier jour du voyage des donateurs 2006! Il y était en compagnie de Marijke Moonen et d'un amateur de killies japonais avec qui il passait une semaine à EJV (Photo 7)!

Les amateurs de carpes à dents ovipares (Il y en a aussi qui sont vivipares et ovovivipares) désignent les poissons de ce groupe par killies. Il parait que ce sont des pionniers néerlandais en Amérique qui ont donné ce nom aux petits poissons qu'ils trouvaient dans des eaux qui paraissaient à ce qu'on appelait à l'époque en Hollande « kil".
Encore plus fort : sur la route du retour, nous nous arrêtions près de Cacao près d'un bâtiment en bois genre château. J'avais les doigts un peu collants parce que j'avais acheté des friandises sur le marché et je venais de les manger. Je posais le regard sur une petite crique peu profonde et étroite qui coulait le long de la route. J'avais l'intention d'y laver les mains. A mon grand étonnement dans cette crique nageaient des Rivulus. Comme des truites ils tenaient la tête à contre-courant, clairement dans l'attente de leur proie. Une partie des poissons avait l'air d'être plus ou moins adulte en raison de leur taille, mais il y avait également des poissons qui n'étaient encore que des alevins. Avec un gobelet en plastique qui se trouvait là (!) j'attrapais deux poissons grands et trois petits. Jusqu'à mon déménagement fin de juin me restaient un mâle et une femelle. (Photos 8 et 9. Une base étroite pour la reproduction présumée très difficile, mais j'avais encore de l'espoir. Hélas, peu après mon déménagement fin de juin, le mâle mourut et quelques semaines après la femelle. Fin de l'exercice !

Les poissons de Cacao étaient-ils de la même espèce que ceux que j'avais trouvés à Trésor en 1995? Je ne le pense pas. Les poissons de Trésor ressemblent encore le plus aux illustrations que je trouvais du Rivulus geayi et ceux de Cacao au Rivulus cladophorus. Mais je peux me tromper! Il me parait utile qu'un spécialiste des Rivulus dénomme les poissons de Trésor. Ce pourrait être l'ichtyologiste français dr. Huber. C'est lui qui a dénommé le Rivulus que j'ai emporté du Surinam de l'Ouest en 1980 (la région alors fermée entre les fleuves Kabolebo et Corantijn) et que je cédai sous le nom provisoire de 'Rivulus species Wonotobo'(nom tiré des Cascades Wonotobo dans le Corantijn, auxquelles un panneau renvoie sur place) à l'association des spécialistes Killy Fish Pays Bas. Selon dr. Huber il s'agissait du Rivulus stagnalis. Ce serait amusant si les poissons de Trésor appartenaient à une espèce pas encore dénommée! Ce n'est pas impossible, parce que dans ce genre on trouve régulièrement de nouvelles espèces.

(1) habitat Rivulus spec. 'Trésor'

(2) Crabe terrestre Massif de Kaw

(3) Man Rivulus spec. 'Trésor', foncé

(4) Man Rivulus spec. 'Trésor', extra foncé

(5) Rivulus spec. 'Trésor' femelle en parure normale

(6) Rivulus spec. 'Trésor' mâle en parure normale

(7) Rencontre inespéré sur le marché de Cacao.
Au milieu Wim Suyker, à droite Marijke Moonen.
photo Lotty Sonnenberg

(8) Rivulus spec. 'Cacao', mâle

(9) Rivulus spec. 'Cacao', femelle
photos 1-6 & 8-9 Loek van der Klugt



inhoudsopgave

Une étudiante à Trésor

Par Liesbeth Fontein


Les différentes organisations environnementales de
la Guyane française collaborent étroitement et
contribuent souvent aux activités des autres. Ici Nyls
de Pracontal, ornithologue et collaborateur de GEPOG,
visitant Trésor.
photo Liesbeth Fontein
L'été dernier, j'ai passé quatre mois en Guyane française pour développer une partie du nouveau plan de gestion de la Réserve Trésor. Cela faisait partie de mon stage de fin d'études de "Master in Natural Resources Management" de l'Université d'Utrecht. Avant mon départ, je n'étais pas très au courant des tropiques, mais depuis j'en sais long! Ci-dessous un choix parmi mes expériences en cette France tropicale et une brève explication de mon travail.

Trouver ma place
Passer quelques mois à l'étranger en tant qu'étudiant, est à mon avis, une manière unique de connaître une autre culture. C'est qu'on n'est pas un touriste, au contraire, on entre en contact avec la population locale, dont on aura besoin pour son travail. Au début, c'est surtout une question de trouver sa place et d'organiser le quotidien. Ensuite, on peut vraiment commencer à travailler et à découvrir la vie de la Guyane française.


L'Association explore les savanes...

Une des fougères présentes à Trésor.

Un detail!
L'association
Il va de soi que j'étais, pendant ces quatre mois, étroitement en contact avec les membres de l'Association Trésor. Généralement, je travaillais tous les jours avec Kévin dans son bureau, et cela me donnait la possibilité de parler de toute sorte de détails intéressants du cours ordinaire des choses en matière de la protection de la nature et évidemment aussi de collaborer au plan de gestion. Kévin s'occupait, en outre, des solutions pratiques aux déménagements et des problèmes de l'ordinateur et, à ne pas oublier, des visites à Trésor! Le président, Olivier Fortune et sa compagne Isabelle de la Fosse, m'ont maintes fois accueillie chaleureusement dans leur maison à la lisière de la forêt tropicale humide.
De surcroît, on m'offrait tous les soirs une ambiance tropicale avec de bons vins français et des fromages et des conversations intéressantes sur la nature, la politique et la culture, aussi bien sur la Guyane française... comme loin de là (merci d'avoir patiemment supporté mes connaissances, surtout au début, imparfaites de la langue française)! Olivier Tostain avait un calendrier chargé, mais se chargeait de l'input de documents et d'articles pertinents. Nyls de Pracontal, membre conseiller de l'Association Trésor et collègue de tous les jours au bureau, était au courant de problèmes tels les développements de l'entreprise minière Cambior et la chasse illégale et c'est grâce à lui, que j'ai appris beaucoup. A l'invitation de Charlotte Briand, secrétaire de l'Association Trésor et active dans la Réserve de Kaw, j'ai pu assister à une extraordinaire fête de baptême, qui durait deux jours, dans le village de Kaw... une hospitalité fabuleuse et absolument un point culminant culturel! Elodie, la trésorière, m'a appris à rédiger des messages électroniques formels en français et avec elle je pouvais aussi agréablement bavarder en anglais. Je m'en suis aperçue que tous ne se sentent pas seulement concernés dans Trésor, mais dans toute la conservation de la nature en Guyane française. Quoique tout ne se fasse pas avec la ponctualité et l'exactitude propres aux Hollandais, on y entreprend beaucoup et cela avec une grande motivation. C'est un atout énorme pour Trésor!

Le plan de gestion
Ma tâche principale était, bien sur, de travailler au plan de gestion. Un plan de gestion reconnu par tous les partis est très important, si l'on veut réaliser les objectifs de conservation poursuivis par Trésor et les garantir à long terme. Ce n'est qu'ainsi qu'on pourra progresser et bien répondre aux dernières évolutions qui pourraient mettre en péril les objectifs. Grosso modo, on peut distinguer trois phases dans le plan de gestion :
  1. -description et valeur du territoire,
  2. -comment est gérée la réserve
  3. -analyse des points forts et des points faibles et recommandations.
Quant à la partie descriptive du plan de gestion, je me suis surtout occupée de la partie botanique. C'était pour moi, malgré mes études de biologie, un élément nouveau, parce que ma discipline à moi est plutôt de caractère environnemental. Or, les visites à l'herbier de Cayenne et les tuyaux pratiques de Renske Ek, m'ont donné les connaissances phylogénétiques nécessaires. Une des questions centrales est de savoir dans quelle mesure la végétation de Trésor est représentative pour le reste de la région de Kaw, et partant de là, on pourra dire quelque chose sur le rôle de Trésor dans la protection de la végétation régionale. On savait déjà que Trésor a une haute biodiversité. Nous savons maintenant aussi que, par famille, une grande partie des espèces présentes dans la région de Kaw, se trouvent aussi à Trésor et qu'en ce qui concerne les espèces, Trésor est passablement représentatif pour le Mt. Kaw.


Exemple de la représentativité des fougères à Trésor pour le Mt. Kaw. Le chiffre dans
les colonnes indique la quantité totale des espèces de cette famille trouvées à Trésor.
C'est à l'aide de la méthode "Rapid Assessment and Prioritization of Protected Area Management" (RAPPAM), développée par le WWF, que j'ai étudié la partie gestionnaire du plan de gestion Trésor. Ainsi j'ai essayé de mettre au jour tous les points forts et faibles de la gestion de Trésor. Il faut penser ici à des sujets tels p. ex. les possibles menaces pour la garantie de la conservation de Trésor, les défauts de l'étude, l'univocité de la gestion et des objectifs et aussi l'acceptation de Trésor par la population locale.
Pour la troisième partie, il fallait étudier une possible solution et une approche des points faibles. Pour bien comprendre les difficultés des points faibles, il s'est avéré important d'écouter l'histoire de plusieurs côtés. A cet effet, j'ai eu des entrevues et des conversations avec p. ex. l'Administration locale des Forêts (ONF) et avec DIREN (Direction de l'Environnement). Dans beaucoup de cas, c'était à l'Association d'y jouer un rôle, surtout en s'agissant de solutions comme des accords de coopération, pour s'attaquer mieux p.ex. à la chasse illégale.

En conclusion...
Le travail pour Trésor en Guyane française et l'opportunité que j'ai eue de pouvoir expérimenter la forêt tropicale humide, était pour moi une expérience extrêmement remarquable et instructive et contribuera nettement, j'espère, à une gestion stable de Trésor. Sans l'extraordinaire enthousiasme de Vijko et de Pipasi, le soutien et l'ambiance de l'Association et des collègues de KWATA et de GEPOG (des organisations de conservation de la nature) et le financement du WWF, cela n'aurait pas été possible... or, merci beaucoup à tous !!!




inhoudsopgave

Nouvelles de votre forêt tropicale humide

Par Derk de Groot

Quand vous lirez ceci,c'est déjà presque la fin de l'an 2006. C'était une année mouvementée, pendant laquelle il s'est passé beaucoup.

Les suites de l'incendie de notre bâtiment de réception, le carbet, ont demandé l'attention, surtout des nôtres en Guyane française. Jusqu'ici le permis de construction pour la première phase de la reconstruction a été soumis à la commune de Roura. Nous espérons que le permis soit accordé dans quelques mois et qu'on puisse commencer la reconstruction.

Cette année le "Conservatoire du Littoral", l'instance gouvernementale française chargée de maintenir dans l'état original une grande partie de la côte française, aussi dans les territoires d'outremer, a décidé d'ajouter environ 1500 hectares à la Réserve Trésor. Ceci se passerait à la périphérie de la réserve, réalisant ainsi une sorte de zone tampon. Si cela arrive, ces territoires seront mis sous l'administration de notre Fondation. D'ici là, il y aura une procédure de participation dans la région, mais il y a une bonne chance de réussite, les terrains étant déjà propriété de l'Etat et sous la gestion de l'ONF. La collaboration future avec le Conservatoire pourrait faciliter aussi l'accès au financement de quelques projets au sein de Trésor.

En fonction de la nouvelle législation française sur les réserves naturelles, la Fondation a sollicité une modification du statut. La catégorie des réserves naturelles volontaires cessera d'exister. Trésor sera dorénavant une Réserve Naturelle Régionale (RNR). Cette modification ne se fera pas d'un jour à l'autre. D'abord il faudra en discuter avec les Autorités Françaises et nous ne sommes pas la seule réserve naturelle régionale à suivre cette procédure.

Le 21 mars Kévin Pineau, notre garde-animateur, a collaboré à "la fête de l'environnement", organisée pour l'école de Roura. Kévin a donné des présentations dans cinq classes, surtout sur la botanique. Vingt autres experts dans la matière ont pris soin de thèmes, tels les oiseaux, les mammifères et les grenouilles.

Pour entretenir ses connaissances ornithologiques, Kévin a participé au mois de mai à des recensements de sternes et d'autres oiseaux de mer sur l'île du Connétable. Au mois d'octobre, il a fait l'inventaire des oiseaux de la réserve Lucifer-DekouDekou. Ce genre de recensements et inventaires se réalisent le plus souvent ensemble avec les collègues des autres organisations de conservation de la nature. De cette façon on établit des réseaux dont Trésor peut tirer profit à son tour. Par exemple pendant une journée de bénévoles, pour remettre en état le sentier botanique.


Des volontaires réparant le pont de bois à l'entrée de la réserve!

Pour débarrasser le sentier botanique il faut souvent enlever
un arbre tombé.

Entre-temps on a commencé aussi à renouveler les panneaux d'information le long du sentier botanique. On y mettra plus d'unité et les matériaux choisis seront, nous espérons, à l'épreuve du climat tropical. Les textes sont fournis par courrier électronique et mis sur panneaux en plastique à Utrecht. En Guyane française les panneaux seront montés sur des supports en aluminium fabriqués sur place. Le sentier lui-même demande continuellement de l'attention. Régulièrement il faut tronçonner des arbres tombés pour débarrasser le sentier.

L'année passée on a déjà décidé que ce serait utile d'établir un nouveau plan de gestion pour la réserve. Cela a un effet stimulant sur la discussion ici et en Guyane française quant aux mesures de gestion à prendre, et aussi sur l'avenir de la réserve. C'est également d'importance pour les discussions avec des financiers éventuels. Le WWF, aussi bien la branche française comme la hollandaise, a voulu contribuer sur le plan du contenu et du financement, tout comme l'Université d'Utrecht. Ainsi, il a été possible que Liesbeth Fontein, étudiante Natural Resources Management à l'université d'Utrecht, passât cet été quelques mois en Guyane française pour son stage de fin d'études. Elle a réuni, classé et comparé des données pour le plan de gestion, elle a eu des conversations avec les parties intéressées et ensemble avec Kévin, Olivier et les autres membres du conseil d'administration guyanais, des parties du plan ont été mises par écrit. Ailleurs dans ce numéro, elle donne une impression de ses expériences et résultats.

Dans le cours de l'année il y a eu une modification dans le conseil d'administration de l'Association locale. Laurent Garnier a transmis la fonction de président à Olivier Fortune, qui à son tour a transmis la fonction de trésorier à Elodie Gault. Laurent continue comme membre du conseil. Nous souhaitons la bienvenue à Elodie, qui a un passé environnemental, et nous comptons avoir avec elle une collaboration féconde.

Entre-temps il y a eu un nouvel inventaire botanique. Cette fois-ci l'étude a été faite délibérément pendant la saison sèche pour voir si l'on trouve d'autres espèces que pendant la saison des pluies. Renske Ek et Marion Jacobs, qui toutes les deux ont laissé pas mal de traces dans la réserve, ont fait les recherches et Roel Vonk des Jardins botaniques d'Utrecht et notre garde-animateur Kévin, les ont assistées. Leur conclusions, vous les lirez dans ce Trésor Nieuws. C'était la dernière fois qu'une telle recherche a pu être financée par le Fonds Zwani Spelt. Le restant de la somme ayant été contribué à notre Fondation pour la reconstruction et l'installation du carbet neuf, le fonds est maintenant tout à fait épuisé. Nous remercions les héritiers de Mme Zwani Spelt et le WWF, en tant que gestionnaire du fonds et intermédiaire, pour tout l'appui reçu. Avec les connaissances obtenues il est possible de démontrer mieux l'importance de la réserve. On peut donner aussi plus de contenu aux activités environnementales. De cette façon nous aurons des arguments plus solides dans la lutte continue pour l'existence.


Des milliers de plantules au pied d'un arbre Sloanea.

Lézard vert Polychrus marmoratus
photos Olivier Tostain et Kévin Pineau

Finalement quelques mots sur la nature de la réserve elle-même. C'est bien pour cela que l'on fait tout. Début juin, le rajeunissement massif du "Bois Roucou", une espèce de Sloanea, offrit un spectacle magnifique. Le sol forestier en était couvert. Les graines provenaient de deux arbres maternels au bord du sentier botanique. Après quelque temps la plupart des plantules mourront, mais pour le maintien de la forêt il suffit que quelques exemplaires restent en vie. D'autres observations remarquables étaient : la plante paraissant un champignon Helosis cayensis, le lézard vert Polychrus marmoratus à l'entrée du sentier botanique et le faux caméléon Uranoscodon superciliosus. Un ver rouge inconnu d'environ 10 centimètres de long n'a pu échapper non plus à l'oeil de la caméra.

Bon, vous êtes maintenant au courant. J'espère vous relater dans le numéro suivant ce qui se passera, attendu ou pas, dans votre forêt tropicale humide.



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Trésor remercie tous les membres du Conseil d'Administration de l'UBV.
La distribution de Trésor Nieuws, à tirage de 1500 exemplaires, demande toujours beaucoup de temps.
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De la part du Conseil d'Administration de la Fondation Trésor : Merci beaucoup!


Le nombre de visiteurs du site Internet n'a cessé d'augmenter pendant les deux
dernières années. Journée de record était le 16 octobre 2006, avec 288 visiteurs.
Ces mois derniers, on constate une augmentation réjouissante du nombre de
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Merci à notre Webmestre Eric Augusteijn.
Le Conseil d'Administration de la Fondation Trésor remercie monsieur Eric Augusteijn pour tout ce qu'il a fait ces dernières années pour accomplir la forme actuelle de notre site Internet :www.tresorrainforest.org.

Par ses efforts inlassables et grâce aussi à nos traducteurs, nous disposons maintenant d'un site Internet en trois langues. (français/hollandais/anglais).
Le diagramme du nombre de visiteurs sur 2005 et 2006 parle pour soi-même.

Eric, au nom de Trésor: Un grand merci!



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