|
![]() Fondation Trésor Utrecht |
Mais à ces nombres impressionnants témoignant de la grande richesse du site, une liste fait cruellement défaut. Et pas des moindres puisqu'il s'agit du seul groupe de vertébrés manquant qui pourtant totalise en Guyane plus de 480 espèces: les poissons. Ce groupe prépondérant dans quasiment tous les milieux aquatiques avait été un peu «oublié» faute de moyens et surtout des connaissances appropriées dans le domaine.
Une trentaine d'espèces a été répertoriée, pour le moment rien d'extraordinaire, mais les conditions en ce début de saison des pluies n'ont pas facilité la recherche des poissons. Cette expertise servira de base à une liste vouée (comme c'est déjà le cas pour oiseaux, reptiles, amphibiens, chiroptères,...) à s'accroître rapidement par les observations même ponctuelles de l'équipe Trésor.
![]() L'horticulture hollandaise soutient TrésorEric AugusteijnLa Fondation Trésor a trouvé l'année passée un très important allié de plus. C'est «Ficus Forever», une association de huit cultivateurs de ficus dans le Westland. Ficus Forever se charge de promouvoir la Réserve Trésor auprès des clients de ses preneurs en France et en Allemagne.Les membres de l'association Ficus Forever cultivent des plantes (des ficus) pour e. a. des jardineries en France et en Allemagne. Un réseau excellent pour faire connaitre le travail de la Fondation Trésor. Et c'est exactement ce que fait maintenant Ficus Forever. Le dépliant publicitaire de Trésor a été traduit en français et en allemand. Cinq mille de ces dépliants ont été envoyés aux preneurs en France, avec une affiche format A3. On trouve cette affiche actuellement dans beaucoup de jardineries en France. Un client important est la chaine de jardineries françaises Jardiland, qui publiera un bel article sur Trésor dans son revue de mars. Grâce à l'intermédiaire de Ficus Forever, Olivier Tostain s'entretiendra, au nom de Trésor, avec la direction de Jardiland à Paris sur des actions ultérieures. De cette façon d'autres entreprises françaises s'y intéresseront éventuellement aussi. Le climat économique en France semble être mûr. En Allemagne les dépliants traduits en allemand ont été distribués dans 110 magasins et Trésor sera mentionné dans un dépliant tiré à 14 millions d'exemplaires et distribué sur le territoire allemand tout entier. Ficus Forever versera à la Fondation 1,5% du chiffre d'affaires dans lequel Trésor joue un rôle. Ficus Forever, qu'est-ce que c'est?
Ils travaillent autant que possible selon des méthodes biologiques, utilisant par exemple le moins possible de produits chimiques et ils appliquent la combinaison chauffage-force motrice, c'est-à-dire que l'excès de chaleur des serres ne sort pas par les fenêtres ouvertes, mais est utilisée utilement. Et maintenant ils aident Trésor à se faire un nom international. Comment cela a commencé? C'est Wim van den Berg qui a pris l'initiative. Il y a deux ans un étudiant gestion et agro-industrie d'une école professionnelle a fait un stage chez un des cultivateurs de Ficus Forever. Il s'appelle Wim van den Berg, il a 24 ans, il descend d'une famille d'horticulteurs du Westland. Après son stage il a terminé ses études, et ayant plu en tant que stagiaire, il fut engagé comme exécutant marketing chez Ficus Forever. L'association cherchait à ce moment-là des moyens pour étaler mieux l'image verte. Quoi faire? Faire rouler les voitures d'entreprise au gaz naturel? Entreprendre quelque chose avec le WWF?
Il était impressionné par l'univocité, la clarté et la transparence de notre travail et par l'enthousiasme et l'optimisme des bénévoles, notamment de Vijko Lukkien et de Pipasi Jeurissen. Aussi par ses études, Wim van den Berg vit les possibilités d'une coopération avec un profit mutuel. L'apport de Trésor pourra diriger les intérêts commerciales d'une entreprise vers le côté vert et les moyens accordés par l'entreprise pourront faire croître Trésor. La stratégie des années à venir sera de répéter sans cesse le message de Trésor et de le faire connaitre d'un grand public. L'univocité et la transparence sont des points forts. On pense aussi à faire une bande dessinée pour les enfants avec le message de Trésor. Aussi le site Internet peut se développer dans ce sens et jouer un rôle encore plus important. Il semble que la coopération entre Trésor et Ficus Forever sera un mariage d'amour fertile. Nous, de Trésor, nous sommes très contents que Wim van den Berg nous ait trouvés. [foto bijschrift] ![]()
Les Oiseaux de la RNR TrésorKévin PineauAvec près de 350 espèces, la réserve Trésor présente une avifaune riche et variée. Une grande pression d'observation de la part des membres de l'association et de la communauté des ornithologues guyanais est effectuée sur la réserve et plus particulièrement sur le secteur du sentier botanique. Sur ce point il est à souligner le travail accompli par Tanguy Deville et Alexandre Renaudier qui ont très longuement arpenté les sentiers de la réserve à la recherche des oiseaux.Cet article a pour objectif d'expliquer la diversité des oiseaux de la réserve, mais également de faire un point sur le programme STOC de suivi des oiseaux de sous-bois entrepris dans la réserve depuis plus de 2 ans. La diversité des oiseaux Vu le niveau d'inventaire, on peut considérer que l'avifaune du site est relativement bien connue se rapprochant ainsi des sites de forêt primaire les mieux inventoriés. Pour autant l'avifaune de Trésor présente ses propres caractéristiques, voyons les plus en détails. L'avifaune de la réserve est relativement élevée qualitativement, en effet la mosaïque de milieux présent au sein de la réserve permet de découvrir des oiseaux d'affinités différentes avec notamment un net clivage entre les oiseaux forestiers et les oiseaux de savane. D'une manière générale, les oiseaux dit de savanes sont tout de même moins nombreux que les oiseaux de forêt. Ainsi pour la réserve on peut considérer qu'une tentaine d'espèces sont présentes uniquement dans les savanes ou dans les lisières de savanes: Ammodramus humeralis, Emberizoides herbicola, Sporophila castaneiventris, Sporophila minuta, Oryzoborus angolensis, Schistochlamys melanopis, Tachyphonus phoenicius, Polytmus theresiae, Chrysolampis mosquitus,... mais également le très rare Xenopipo atronitens pour lequel la réserve constitue l'une des seules stations connues de Guyane. Certains oiseaux sont présent quand à eux de manière exceptionnelle au niveau de la crête de la montagne: Circus buffoni, Coragyps atratus, Fregeta magnificens. La raison principale de la présence de ces oiseaux erratiques vient de la position géographique de Trésor. La plaine de Kaw présente au nord de la montagne draine un certain nombre d'oiseaux poussés par les vents venant du bord de mer. Enfin le peuplement des oiseaux forestiers, présente un cortège d'oiseaux très communs et classiques de forêt primaire. Ainsi les passereaux typiques des rondes de sous-bois sont bien représentés: Thamnomanes caesius, Myrmotherula axillaris, Myrmotherula gutturalis,... De même les passereaux suivants les nappes de fourmis itinérantes sont communs à Trésor: Pithys albifrons, Gymnopithys rufigula,... La guilde des frugivores est également bien inventorié avec les Psittacidés, les Thraupidés,... A ces oiseaux communs et classiques de forêt primaire, on constate la présence d'espèces beaucoup plus rares avec des densités faibles et/ou des espèces présentes de manières saisonnières: Myrmornis torquata, Contopus cooperi, Procnias alba, Piculus rubiginosus,... A fin de parfaire l'inventaire des oiseaux de Trésor, un effort doit être entrepris pour mieux échantillonner les oiseaux des savanes mais surtout toutes les zones de forêts ripicoles et marécageuses jouxtant la rivière Orapu. En effet cette zone est très largement sous inventorié et mériterait que l'on s'y attarde afin d'y trouver des espèces originales et typiques de ces milieux. Un point sur le programme STOC Cette étude essaye de répondre à cette question: La dynamique (et ses composantes) des populations d'oiseaux de sous-bois est-elle stable dans le temps ou y a-t-il des variations inter-annuel et intra-annuel ? Pour résoudre à cette problématique, cette étude est réalisée dans la réserve naturelle Trésor sur une durée de 3 ans et basée principalement sur la méthodologie de capture-marquage-recapture et inspirée plus particulièrement du protocole STOC-Capture métropolitain. Cette méthode est basée sur un échantillonnage standardisé répété de session en session, l'échantillonnage se faisant par capture-marquage-recapture. Cependant, afin d'adapter le protocole au milieu tropical, les sessions ont lieux tous les deux mois sur une surface de 4 ha dans lesquels sont disposés 40 filets de 12 mètres. Les filets étant ouverts 12 heures. Dans la pratique, tous les individus capturés sont marqués à l'aide d'une bague métallique du muséum d'histoire naturelle de Paris. Seuls les colibris (Trochilidées) ne peuvent faire l'objet d'un marquage par manque de bagues spécifiques, en effet aucune bague du muséum ne s'adapte à leur petite taille de tarse. Certaines espèces, notamment les insectivores marcheurs de sous-bois, sont également marqués à l'aide d'une bague couleur pour permettre un suivi visuel par la suite. Chaque oiseau capturé est ensuite examiné et un certain nombre d'éléments sont notés:
Bilan après 2 ans de suiviRendement des capturesSur les 11 sessions de capture pleinement réalisées (1 étant annulée à cause de la pluie), nous avons pu capturer 988 oiseaux, soit une capture moyenne de 88 oiseaux par sessions. Cela correspond à un taux de rendement (nombre d'individu/mètre de filet/heure) de 0.015 individu/mètre/heure. Ce chiffre reflète un rendement relativement faible en comparaison d'autres études menées en forêt guyanaise: 0.019 individu/mètre/heure sur le site de la réserve biologique domaniale de Lucifer (Claessens & Pineau, 2006), 0.043 individu/mètre/heure sur le site du camp Aïmara de la réserve naturelle de la Trinité (Claessens, 2004). A noter tout de même que les sessions de captures sur ces sites se déroulent aux heures a priori les plus favorables de la journée, début de matinée et fin d'après-midi. Concernant la variation annuelle, on se rend compte que la première année a eu un rendement plus élevé que la seconde année. En effet en année 1 le taux de rendement était de 0.0188 alors qu'en année 2 il est de 0.0124 individu/mètre/heure. Richesse spécifique En deux ans d'étude, 52 espèces ont fait l'objet d'une action de baguage, excluant donc les colibris (6 espèces). Les 52 espèces se répartissent en 18 familles différentes. Effectif par espèces Le graphique ci-dessous illustre une tendance classique en milieu tropical qui consiste à avoir un petit nombre d'espèces très communes et une part importante d'espèces à faibles effectifs. Cette tendance se retrouve dans la majorité des groupes de vertébrés néotropicaux (Blake & Loiselle, 2009, Simmons & Voss, 1998). Dans le cas présent, 4 espèces (Pipra erythrocephala, Glyphorynchus spirurus, Mionectes macconnelli et Lepidothrix serena) représentent plus de 50% des captures. A l'inverse 19 espèces on fait l'objet de moins de 2 captures.
Effectifs par familles Si l'on considère le nombre d'espèces capturés par familles, la famille la plus diversifiée est celle des Thamnophilidées avec 18 espèces suivies des Tyrannidés (N=5), Pipridées (N=5) et Furnaridées (N=4). A noter que 8 familles sur les 18 présentes ne sont représentées que par une seule espèce. Par contre si on prend en compte le nombre de captures par familles, les Pipridées deviennent dominant avec 303 captures, les Thamnophilidées occupant ainsi le deuxième rang avec 285 captures. Ainsi les Thamnophilidées sont dominant en richesse spécifique et les Pipridées, dominant en effectif. Les recaptures Sur les 988 captures d'oiseaux, 299 sont des recaptures, c'est-à-dire des oiseaux déjà marqués. A noter qu'aucune recapture extérieure à la zone d'étude n'a été constatée. Ce taux de recapture proche des 30% est relativement élevé. Pour autant, si l'on considère les 3 espèces numériquement dominante on retrouve des situations différentes, avec 7% de taux de recapture pour Pipra erythrocephala, 9% pour Mionectes macconnelli et plus de 50% pour Glyphorynchus spirurus. P. erythrocephala et M. macconnelli avec des taux de recapture très faibles appartiennent à la guilde des omnivores de sous-bois avec une part de frugivorie dans leur régime importante. La disponibilité en fruits au long de l'année est très variable, ce qui pourrait expliquer des variations dans la présence de ces espèces sur le site d'étude. A l'inverse, G. spirurus est un insectivore très territorial, avec une disponibilité alimentaire plus stable. ![]() | |||||||||||||||||||||||